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"Renault Clio 6 RS : le retour de la reine des hot hatch, mais à quelle sauce ?"

  • Photo du rédacteur: Elara
    Elara
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Quand Renault rouvre enfin la boîte à souvenirs

Depuis 2018, le badge RS est resté scellé dans un tiroir chez Renault. La Clio 5 est sortie sans version sportive, les fans ont pleuré, et Alpine a récupéré la couronne. Mais en 2026, un vent nouveau souffle sur le losange. Bruno Vanel, directeur de la gamme Renault, a lâché la phrase que tout le monde attendait : "Si l'intérêt est suffisant, peut-être que nous pourrons reconsidérer la question."

Traduction : Renault sonde le marché. Et le marché a déjà répondu. Les Clio 4 RS Trophy d'occasion se vendent encore au-dessus de leur cote, parfois à 25 000–30 000 € pour des exemplaires peu kilométrés. Quand une citadine d'il y a dix ans vaut à peine moins cher que son prix neuf, c'est qu'il y a un problème de supply. Ou plutôt, une opportunité en or.

Un moteur hybride pour sauver l'honneur

Le plus gros obstacle à une RS purement thermique, c'est le malus. En 2026, il démarre à 108 g/km de CO2. Un 1.6 turbo de 220 ch comme la Clio 4 RS Trophy cracherait environ 165 g/km, soit un malus de plus de 12 000 €. À ce prix-là, personne n'achète une Clio. Même pas vous.

La solution ? L'hybridation. Renault dispose déjà d'une architecture hybride dans le catalogue : le moteur essence 1.2 TCe couplé à un bloc électrique, homologué sous la barre des 120 g/km. Pour une RS, les ingénieurs pourraient pousser la puissance totale entre 200 et 220 chevaux, le tout avec un malus réduit à quelques milliers d'euros au lieu de plusieurs dizaines de milliers.

L'expertise d'Alpine pourrait jouer un rôle clé. La marque dieppoise a déjà collaboré sur la Renault 5 Turbo 3E (500 ch électriques) et sur l'A290 (220 ch sur la R5 E-Tech). Si le châssis et la cartographie moteur passent par les mains des ingénieurs d'Alpine, on peut espérer une RS qui ne roule pas comme une citadine survitaminée, mais comme une vraie sportive.

Design : ailes élargies, jantes 18 pouces et camouflage en fuite

Plusieurs prototypes de la Clio 6 ont été aperçus sur les routes d'essai avec un camouflage prononcé, mais certains détails ne trompent pas : voie élargie, train roulant abaissé, jantes 18 pouces. Des ailes musclées qui évoquent directement l'héritage des versions RS des générations passées.

L'usine de Bursa en Turquie, où la Clio 6 est assemblée depuis septembre 2025, aurait même produit plusieurs exemplaires de pré-série arborant ces spécificités. Renault n'a pas confirmé officiellement, mais la présence de ces mules dans l'usine laisse peu de doute.

En parlant d'héritage, difficile d'évoquer la Clio RS sans penser à la Williams de 1993 (150 ch, 2.0L atmosphérique, 3 800 exemplaires numérotés, aujourd'hui collector à prix d'or), à la Clio 2 RS (172 ch, châssis en béton armé), ou à la Clio 3 RS Trophy qui a pulvérisé le Nürburgring en 8 minutes 14. La barre est haute. Très haute.

Le vrai problème : la boîte

Si le moteur semble sous contrôle, il reste un nœud gordien : la transmission. Les motorisations hybrides Renault utilisent une boîte multimode à crabots, fluide en usage quotidien mais trop molle pour une sportive. Sur un circuit, les passages de rapports manquent de vivacité. Et pour un badge RS, c'est inacceptable.

Renault devra soit développer un mode sport plus agressif, soit trouver une alternative technique. L'avenir nous le dira, mais ce détail technique pourrait faire la différence entre une "RS de nom" et une vraie RS.

Prix et date de sortie : quand ? Combien ?

Si Renault confirme le projet dans les prochains mois, un lancement commercial réaliste pointerait à l'horizon fin 2026 ou début 2027. La Clio 6 standard a été lancée en janvier 2026, un délai de 12 à 18 mois pour une version RS est classique dans l'industrie.

Sur le plan tarifaire, une positionnement autour de 32 000 à 35 000 € semble cohérent. Cela placerait la Clio 6 RS face à une concurrence quasi inexistante : la Ford Fiesta ST est morte, la VW Polo GTI s'apprête à disparaître, et la Peugeot 208 PSE hybride rechargeable affiche un tarif prohibitif à 45 000 €. Reste la Skoda Fabia à 28 000 €, mais elle ne joue pas dans la même cour.

Verdict : un retour nécessaire, pas un caprice

La Clio 6 RS n'est pas un caprice de fan. C'est une nécessité commerciale. Le segment des hot hatch accessibles est en train de disparaître, et Renault a l'opportunité unique de le récupérer presque seul sur le marché français. Le badge RS conserve une aura puissante auprès des jeunes conducteurs. Les ventes d'occasion le prouvent : la demande est là, il suffit de la servir.

Reste à savoir si Renault aura le courage de l'investissement. Mais une chose est sûre : si la Clio 6 RS arrive avec 200+ ch, un châssis digne d'Alpine et un tarif contenu, elle ne sera pas seulement le retour d'une légende. Ce sera la reconquête.

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*Sources : MotorsActu (juillet 2026), déclarations de Bruno Vanel (directeur gamme Renault), analyses du marché des hot hatch thermiques.*

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